Je me rappelle avoir commencé mes premières expériences dans l'informatique en 1979, chez un copain de Montreux dont le père avait ramené des Etats-Unis un ordinateur Apple II Plus, équippé d'un processeur Motorola 6502, de 48KB de mémoire RAM (ce qui correspond à la taille d'un petite image de 40x40 pixels) et d'un système d'exploitation de 10KB! Nous nous étions amusés à programmer le dessin d'un triangle avec des instructions BASIC.
J'ai reçu ensuite pour Noël 1981 (et mes 20 ans) mon premier ordinateur de poche CASIO FX-702P, avec juste 2KB de RAM et un écran LCD de 20 caractères. Pour Noël 1982, j'ai reçu un Sharp PC-1500, avec 3.5KB de mémoire RAM et un vrai clavier QWERTY.
En 1983, j'ai réalisé mon premier programme graphique (un bonhomme qui courrait de gauche à droite sur le petit écran LCD matriciel de 24 caractères), ce qui m'avait d'ailleurs valu mon premier article publié dans un magazine.
En 1984, je gagnais déjà ma vie et je me suis offert le fameux Sinclair QL, une petite «bombe» à l'époque, avec ses 128KB de mémoire RAM, son système d'exploitation de 48KB, ses deux lecteurs microdrive de 100KB chacun et le premier ordinateur avec un processeur 32 bits, avant même le Apple Macintosh.
J'ai écrit plusieurs programmes pour cette «bécane», dont un programme de dessin, deux programmes de jeux (Morpions et Othello) et différents utilitaires que j'ai vendu dans toute l'Europe.
En 1987, je me suis offert le fameux Amiga 1000, une extraordinaire ordinateur multimédia à l'époque, avec ses 256KB de mémoire RAM, son disque dur de 10MB, son lecteur de floppy 3.5" de 880KB et ses incroyables capacités multimedia (affichage de 4096 couleurs simulatnées, quatre canaux audios indépendants PCM sur 8 bits).
A l'époque, j'avais même développé un interface entre l'Amiga et le mainframe IBM que nous utilisions chez Consultas/Publicitas, qui me permettait de dessiner des images/dessins/caractères sur l'Amiga et de les reprendre ensuite dans leur mainframe IBM 3090 pour les imprimer sur leurs imprimantes laser APA (All Points Addressable) de 180 pages/minutes.
J'avais d'ailleurs proposé à ma Direction de l'époque de leur démontrer mon interface, dans le secret espoir de leur faire acheter mon interface et du même coup leur faire acheter un Amiga pour le bureau... Deux directeurs s'étaient donc déplacés chez moi, dans mon petit appartement de 2.5 pièces situé à l'avenue Aloys-Fauquez à Lausanne, pour voir le processus de bout en bout... Malheureusement, ceux-ci n'ont pas accepté d'acheter mon interface, prétextant que je l'avais développé au sein de leur entreprise, pendant mes heures de travail, déjà rémunérées (ce qui était faux, et je ne leur ai donc rien donné).
Peu après, Publicitas a ouvert un département bureautique et j'ai postuler pour pouvoir y rentrer, mais ma demande a été refusée. Voyant que je ne pourrais pas travailler avec des PCs si je restais chez eux, j'ai décidé de donner ma démission et de tenter ma chance auprès d'un autre employeur.
Après avoir fait quelques offres spontannées, je me suis rendu aux Etats-Unis pour une convention Amiga qui se déroulait à Annaheim, Los Angeles. C'est là que j'ai été contacté par une société suisse, nommée Electrographics, qui voulait que je commence de suite pour eux et qui m'a même proposé d'aller directement en Floride pour suivre une formation.
J'ai accepté l'offre, mais pas de passer par la Floride avant d'avoir un contrat en bonne et due forme: une fois de retour, j'ai signé mon contrat et j'ai commencé mon premier jour d'employé dans cette nouvelle société par un cours à Francfort en Allemagne sur Qubix Designer, un station graphique à 65'000$, à base de processeur Sun 68000 équippée de 4MB de mémoire RAM et d'un disque dur de 160 MB, qui permettait de faire du dessin vectoriel, genre Illustrator, à l'aide d'un stylet sonique (stylo avec lequel le designer travaillait directement sur l'écran haute-résolution monochrome de 19 pouces).
Pendant les deux années passées chez Electrographics, j'ai eu la chance de voyager, principalement aux Etats-Unis, afin de me former sur des produits dont notre patron avait repris la représentation pour l'Europe. Par exemple, j'ai suivi une formation sur Ventura Publisher (un concurrent du fameux PageMaker de Aldus) à Tempa en Floride et une autre formation de deux semaines à Pittsburgh en Pennsylvanie sur KMS, un système hypertext (amélioré entre 1981 et 1983 par deux étudiants de Carnegie-Mellon) qui est un précurseur de plusieurs concepts utilisés aujourd'hui sur le web, comme la notion de pages et la notion d'hyperliens.
Je me rappelle d'ailleurs avoir été avec mon patron visiter le CERN à Genève, pour leur présenter nos différentes solutions de mise en page supportant le standard SGML (un standard utilisé au CERN à l'époque pour rédiger leur documentation), qui tournaient sur des stations de travail Unix et qui apportaient beaucoup plus de souplesse que leurs solutions basées sur mainframe IBM.
C'est peu après que cette même équipe, dirigée par le Professeur Tim Berners Lee, a commencé a travailler sur un mix de tous ces concepts et langages, qui ont ensuite donné naissance au World Wide Web utilisé aujourd'hui sur la planète entière.
Je me suis mis à mon propre compte le 1 décembre 1989, juste deux mois après avoir épousé Romana dans le but d'avoir des enfants. Inconscience? Peut-être bien, mais aujourd'hui, je ne le regrette pas ce choix, même si les premières années ont été difficiles pour nous deux. Heureusement, ma femme m'a toujours soutenu, et je dois beaucoup à ses parents qui l'ont beaucoup soutenu alors que je devais courrir dans tous les sens pour trouver des clients, trouver du travail et le réaliser.
En 1990, j'ai mis en place toute la PAO (Publication Assistée par Ordinateur) de l'AGEFI à Lausanne et j'ai créé un logiciel de génération de code-barres en un week-end, sans aucune connaissance préablable, pour les besoins du magazine RTV8.
En effet, ce journal avait acheté en Australie un logiciel qui générait des code-barres (pour la programmation des magnétoscopes Panasonic) sur 42mm, alors que la mise en page des colonnes du programme TV étant prévue sur 36mm. En rentrant de cette réunion à la rédaction de ce magazine, j'ai fait un crochet au rez-de-chaussée de l'immeuble dans lequel nous habitions, où se trouvait justement une société appellée Intermec Barcode, qui vendait du matériel relatif aux code-barres. Ils m'ont donné un manuel qui expliquait le fonctionnement des différents code-barres existants. Un rapide tour chez Payot le samedi matin m'a permis d'acheter un livre plus détaillé et pendant tout le dimanche, j'ai développé un programme en PostScript qui permettait de faire générer les code-barres sur 36mm. Le lundi matin, je présentais mon programme à la rédaction du journal, qui me l'a immédiatement acheté (après avoir fait quelques tests).
Début 1992, avec deux de mes anciens collègues de chez Electrographics (laquelle avait fait faillite 6 mois après mon départ), nous avons décidé de créer notre propre société anonyme, basée à Puidoux, appelée Interactive Video Technologies, et active dans le domaine du multimedia. Après quelques coups d'éclat, dont une première page de l'Est Vaudois pour notre kiosque à information interactif installé dans l'Office du Tourisme de Montreux, et la représentation officielle de NeXT pour la Suisse Romande, nous avons à notre tour fait faillite après juste quinze mois d'activités, la grande majorité de nos liquidités ayant été englouties dans l'aquisition de matériel multimedia hors de prix à cette époque.
De plus, la décision de Steve Jobs de revendre sa société NeXT à Canon n'a pas amélioré notre situation, alors que nous avions investi beaucoup d'argent et d'énergie pour promouvoir cette machine révolutionnaire, qui en 1993 déjà, permettait de faire ce qu'on a pu commencer à faire sur Mac ou Windows une quinzaine d'années plus tard.
Bref, nous étions trop en avance et le marché n'était pas encore mûr pour ce que nous envisagions... Mais personnellement, j'ai beaucoup appris de cet échec.
Après une petite période de chômage et une court passage par une société de consulting appellée Natsoft à Genève, je me suis remis à mon compte et j'ai travaillé pendant deux mois à Washington D.C., au sein de l'agence pour la protection de l'environnement.
A mon retour, j'ai décroché un mandat chez Philip Morris où j'ai passé la majeure partie de mon temps jusqu'en mai 2001, où la Vice-Présidente des Ressources Humaines pour laquelle je travaillais n'a plus pu renouveller mon contrat, suite à une énième restructuration.
Me rendant compte qu'il faudrait à nouveau tout recommencer (chercher des clients, trouver du travail, le réaliser et recommencer à courrir dans tous les sens, j'ai accepté la proposition de Marco Simeoni, un ancien collègue de Philip Morris que j'avais aidé à démarrer sa propore société en 1994. J'y suis resté jusqu'en janvier 2005, date à laquelle j'ai été licencié suite à une réorganisation du nouveau manager (Philippe Béal pour ne pas le nommer) de LAN Expert.
De 2005 à 2010, j'ai officié pendant 4-5 ans en tant que Project Manager au sein du projet GLOBE de Nestlé.
De 2011 à 2021, j'ai travaillé chez Protocol, la société créée par Thierry Stocco, mon ancien collègue de chez Electrographic, lorsque cette dernière avait fait faillite. Au cours de ces 10 ans, je me suis spécialisé dans la GED (Gestion Electronique de Documents) et dans les solutions ECM (Enterprise Content Management).
Depuis 2022, je travaille pour Assura, en tant que Développeur &
Spécialiste SmartFix, une solution de RAD/LAD utilisée pour automatiser autant que possible le traitement des quelques 20 millions de documents envoyés chaque année par les assurés.