Retour de l'enfer, avec en point d'orgue, la maladie du Légionnaire

Après avoir été hospitalisé aux CHUV pour la première fois de ma vie le samedi 5 novembre 2022, à cause de symptômes pour le moins inquiétants (violents maux de tête, fière à +40 degrés, courbatures, souffle court), j'en suis heureusement ressorti le samedi 12 novembre, soit pile une semaine après y être entré...

Petit retour sur les épreuves qui ont jalonné mon quotidien depuis début novembre 2022, mais dont j'ai réussi à me sortir (avec l'aide combinée des urgences italiennes et suisses)...

Mardi 1er novembre: après avoir passé un beau week-end prolongé à Milan avec ma copine, avant que je ne m'apprête à rentrer en Suisse, nous dégustions une bonne pizza dans un restaurant proche de la gare de Milan, quand j'ai eu une soudaine épitaxie (hémorragie nasale abondante) que je n'ai pas réussi à juguler par moi-même, malgré 4 tentatives...

Après environ une heure passée dans les toilettes du restaurant à essayer d'arrêter cette hémorragie par moi-même, mais sans succès, au grand dam du restaurateur qui n'a pu que constater à quel point j'avais souillé les toilettes de son établissement, j'ai demandé à ma copine d'appeler un taxi pour m'amener aux urgences les plus proches, ou j'ai passé près de 4 heures à faire différents examens, dont un test COVID (négatif)...

Là-bas, ils ont réussi à stopper, temporairement du moins, mon épitaxie en m'enfonçant deux gros tampons dans le nez, au prix d'atroces douleurs, mais n'ayant pas d'ORL "sous la main", ils m'ont demandé de revenir le lendemain matin pour en voir un.

Quand nous sommes retourné chercher ma voiture que j'avais laissée dans un parking surveillé juste à côté du restaurant, j'ai encore dû me battre pour pouvoir la récupérer, malgré mon look, parce que nous ne retrouvions plus le ticket qui m'avait été donné à notre arrivée 5-6 heures plus tôt... Après avoir pu lui prouver (grâce à la carte grise et à ma carte d'identité européenne) que j'étais bien le propriétaire de cette BMW , j'ai pu la récupérer contre la somme forfaitaire de 50 Euros (vu que j'avais égaré mon ticket).

Mercredi 2 novembre: après avoir passé une nuit horrible dans un appartement payé au prix fort pour passer la nuit, avec le nez complètement bouché et la sensation que le sang continuait à couler dans ma gorge, nous sommes retournés en taxi aux urgences où j'ai vu l'ORL en milieu de matinée qui m'a ausculté et cautérisé les vaisseaux du nez avec du nitrate d'argent, afin de me permettre de revenir en Suisse par mes propres moyens, en me conseillant d'immédiatement consulter mon médecin traitant pour contrôler tout ça, dont ma pression sanguine un peu haute. Après avoir récupéré ma voiture, nous sommes retournés à la gare de Milan pour acheter un nouveau billet de train pour ma copine, et une fois qu'elle s'en est allée, je suis reparti en voiture pour rentrer en Suisse... Je suis finalement arrivé chez moi dans la soirée, heureusement sans nouvelle hémorragie en cours de route, pensant que le pire était derrière moi... Malgré la fatigue accumulée, je n'ai à nouveau pas pu fermer l'oeil de la nuit, à cause de violents maux de tête et d'un état de santé qui semblait se détériorer au fil des heures.

Jeudi 3 novembre: j'ai essayé de prendre RDV avec mon médecin traitant, mais comme elle ne travaille pas les mercredis et jeudis, j'ai été obligé de lui envoyer une demande de RDV par a-mail... Après lui avoir décrit par quoi j'était passé, elle m'a proposé un RDV en urgence pour le lendemain à 10:45, tandis que mon état de santé continuait à se dégrader...

Vendredi 4 novembre: après m'avoir ausculté, mon médecin traitant a mesuré une haute température (+38), une hypoxémie et des difficultés respiratoires aux niveau des bronches... Elle voulait m'envoyer en urgence au CHUV et voulait appeler une ambulance pour m'y amener, mais connaissant le prix des ambulances en Suisse, j'ai proposé d'y aller plutôt par mes propres moyens (vu que j'étais déjà allé seul jusque chez elle) mais elle me l'a formellement interdit... Elle m'a dit que soit je trouvais quelqu'un qui pourrait m'y amener rapidement, soit elle appelait une ambulance... 

Après avoir contacté mon fils Matthew, qui travaille pour son compte, c'est lui qui est venu me chercher et qui m'a amené aux Urgences du CHUV, où j'ai encore passé 17 heures au total, en visitant plusieurs services pour essayer de trouver ce qui m'arrivait, avant qu'ils ne décident, samedi à 4:00 du matin, de m'hospitaliser pour une durée de minimum 5 jours à cause d'un début de pneumonie et un taux CRP à 361 mg/L indiquant une forte inflammation (dans le cas où il n'y a pas d'inflammation, le résultat d'un test de protéine C réactive normal doit être inférieur à 6 mg/L)...

Samedi 5 novembre à 4:00 du matin: on m'a monté dans une chambre commune au 16ème étage, où se trouvaient déjà deux autres patients, et j'ai découvert au petit matin que depuis mon lit, j'avais une jolie vue sur le Lavaux... Pendant tout le week-end, ma température a oscillé entre 40.6 et 38.6 (lorsque je prenais du Dafalgan 1mg): ces brèves périodes d'environ 4 heures de température abaissée ne donnaient un peu de répit et je me sentais presque bien, mais je savais que ce n'était qu'une courte accalmie et que ma température ne tarderait pas à remonter au dessus de 40 degrés, me replongeant dans un état fébrile avec violents maux de têtes et courbatures...

Dimanche 6 novembre, autour des 11:00: en essayant d'aller par moi-même aux toilettes communes de notre chambre, je me suis senti faillir et pour ne pas risquer de me faire mal en m'évanouissant, j'ai essayé de m'allonger par terre par moi-même, mais j'ai juste réussi à m'asseoir avant de m'écrouler sur le sol... En voyant cela, un des deux autres patients a actionné l'alarme, mais comme personne ne venait, il a fini par se lever pour aller chercher de l'aide en criant dans le couloir... Une ou deux minutes plus tard, je me suis retrouvé avec 6-7 infirmiers/médecins autour de moi, qui m'ont monté les jambes, m'ont pris la tension (qui avait chuté à 86 au lieu de 140 à 160 habituellement) et m'ont posé plein de questions pour savoir ce qui s'était passé... Heureusement, mon idée d'essayer de m'allonger par moi-même m'a évité que ma tête ne tape le sol en m'écroulant, mais sur ce coup tout le monde a eu plus peur que moi, et la surveillance à mon égard a été accrue pendant quelques temps...

Lundi 7 novembre: malheureusement, comme si tout cela ne suffisait pas, un nouveau patient (le 4ème) est arrivé peu après minuit dans notre chambre, et suite à ses analyses, ils ont découvert qu'il était porteur d'une bactérie résistante aux antibiotiques et ont donc décidé de mettre notre chambre en isolement pendant 14 jours (pour éviter de transmettre cette bactérie aux autres chambres et à tout l'hôpital) !!! Du coup, un protocole a été établi pour pouvoir rentrer dans notre chambre (un peu comme à l'époque du Covid), avec enfilage d'une sur combinaison (qui doit être jetée dans une poubelle spéciale à la sortie) + désinfection avant de renter et à la sortie + port de gants de protection, et visites plutôt déconseillées.

Mercredi 9 novembre: les médecins m'apprennent la bonne nouvelle... ils ont finalement trouvé que j'avais attrapé la légionellose, une maladie d’origine bactérienne, potentiellement mortelle... 

La légionellose regroupe deux entités cliniques: la fièvre de Pontiac, une maladie fébrile bénigne, et la pneumonie à Legionella ou maladie du légionnaire, qui est celle que j'ai eu la malchance d'attraper !!! La maladie pouvant ensuite évoluer avec deux types de complications possibles: une insuffisance respiratoire irréversible et une insuffisance rénale aiguë, souvent fatales... 

Bref, des perspectives peu réjouissantes, mais grâce à mon bon état de santé général (cette pneumonie mise à part), j'ai heureusement pu éviter ces complications et suite à un traitement ciblé avec des antibiotiques adéquats, ma température est redescendue à la normale et l'infection a pu être combattue par une cure d'antibiotiques ciblées pour cette maladie.

Vendredi 11 novembre: après avoir pu passer 24 heures sans apport d'oxygène, les médecins ont décrétés que j'étais sorti d'affaire et que je n'avais plus besoin d'être hospitalisé

Samedi 12 novembre à 11:00: je quittais l'hôpital, mon fils Matthew étant devant le bâtiment du CHUV pour me ramener chez moi...

Conclusions: je l'ai échappé belle et les médecins m'ont donné jusqu'à la fin du mois de novembre pour récupérer de ce combat de titan que mon corps a livré 5 jours durant pour essayer de combattre à lui seul cette infection pulmonaire aiguë qui m'a terrassée.

En espérant que la vie me laissera un peu de répit avant de m'envoyer sa prochaine épreuve, je vais continuer pour chaque jour supplémentaire qu'il me sera donné de vivre, de profiter au maximum du moment présent et des bonnes choses que la vie pourra m'offrir.